06.05.2007
"L'île de Sakhaline" de Anton Tchekhov
Quand Tchékhov part pour l'île de Sakhaline, en avril 1890, personne ne comprend ses raisons. Lui-même, incapable d'en donner, se contente de parler de mania sachalinosa. Il s'agit là de l'épisode le plus étrange de sa vie.
Décidé à mener une enquête sur ce lieu maudit voué au bagne et à la déportation, il se met en route dans des conditions folles. Il n'a aucun papier officiel, ni ordre de mission, ni même une lettre de recommandation. Après deux mois et demi d'un voyage exténuant, il risque de se voir prier de retourner d'où il est venu. Il affronte le froid, la pluie, les inondations, puis la chaleur, la poussière, les incendies de forêts.
La préface de Roger Grenier, pp. 12-13 : "Voici donc Tchekhov à l'île de Sakhaline, au large de la Sibérie : « Tout autour la mer, au milieu l'enfer. » Le climat se caractérise par une humidité épouvantable, très mauvaise pour les phtisiques comme lui. Il trouve à se loger chez un paysan proscrit, puis chez un médecin qui ressemble à Ibsen, paraît modeste et bon, mais passe son temps à écrire des lettres de dénonciation. Ce bon docteur est en conflit avec les autorités de l'île. Le général V.O. Kononovitch, Commandant de l'île, dira au visiteur : « Je suis content que vous soyez installé chez notre ennemi. Vous connaîtrez nos points faibles. » [...]
L'île de Sakhaline, trad. et notes de Lily Denis, préface de Roger Grenier, Gallimard, Paris, 2001, 568 p.
"Fruit [d'un] « voyage qui n'a rien à voir avec les belles-lettres », L'île de Sakhaline est une oeuvre longuement et soigneusement travaillée [...] Univers de pure souffrance, au-delà du langage, Sakhaline est une totale profanation de la vie, la dissolution de l'horreur dans le quotidien. Tchekhov, qui n'écrira plus sur Sakhaline et n'en parlera même que rarement, avouera un jour que toute son oeuvre depuis ce voyage est « ensakhalinée. » Jean Bonamour, Le Magazine littéraire, mai 1992
Complément bibliographique :
Œuvres complètes, vol. 21 : « L'île de Sakhaline » trad.du russe par Lily Denis, Paris : Les Éditeurs français réunis, 1971
« L'île de Sakhaline » trad. du russe par Lily Denis, préf. par Sophie Lazarus, Grenoble : Cent pages, 1995
« Voyage à Sakhaline : 1890-1891, lettres d'hier et d'aujourd'hui » trad. du russe, notes et index par Anna Christophoroff, Lectoure : Le Capucin, 2005
Décidé à mener une enquête sur ce lieu maudit voué au bagne et à la déportation, il se met en route dans des conditions folles. Il n'a aucun papier officiel, ni ordre de mission, ni même une lettre de recommandation. Après deux mois et demi d'un voyage exténuant, il risque de se voir prier de retourner d'où il est venu. Il affronte le froid, la pluie, les inondations, puis la chaleur, la poussière, les incendies de forêts.
La préface de Roger Grenier, pp. 12-13 : "Voici donc Tchekhov à l'île de Sakhaline, au large de la Sibérie : « Tout autour la mer, au milieu l'enfer. » Le climat se caractérise par une humidité épouvantable, très mauvaise pour les phtisiques comme lui. Il trouve à se loger chez un paysan proscrit, puis chez un médecin qui ressemble à Ibsen, paraît modeste et bon, mais passe son temps à écrire des lettres de dénonciation. Ce bon docteur est en conflit avec les autorités de l'île. Le général V.O. Kononovitch, Commandant de l'île, dira au visiteur : « Je suis content que vous soyez installé chez notre ennemi. Vous connaîtrez nos points faibles. » [...]
L'île de Sakhaline, trad. et notes de Lily Denis, préface de Roger Grenier, Gallimard, Paris, 2001, 568 p.
"Fruit [d'un] « voyage qui n'a rien à voir avec les belles-lettres », L'île de Sakhaline est une oeuvre longuement et soigneusement travaillée [...] Univers de pure souffrance, au-delà du langage, Sakhaline est une totale profanation de la vie, la dissolution de l'horreur dans le quotidien. Tchekhov, qui n'écrira plus sur Sakhaline et n'en parlera même que rarement, avouera un jour que toute son oeuvre depuis ce voyage est « ensakhalinée. » Jean Bonamour, Le Magazine littéraire, mai 1992
Complément bibliographique :
Œuvres complètes, vol. 21 : « L'île de Sakhaline » trad.du russe par Lily Denis, Paris : Les Éditeurs français réunis, 1971
« L'île de Sakhaline » trad. du russe par Lily Denis, préf. par Sophie Lazarus, Grenoble : Cent pages, 1995
« Voyage à Sakhaline : 1890-1891, lettres d'hier et d'aujourd'hui » trad. du russe, notes et index par Anna Christophoroff, Lectoure : Le Capucin, 2005
17:02 Publié dans 3. Essai : voyage à Sakhaline | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



