« Une analyse d'Oncle Vania | Page d'accueil | La Cerisaie, du 12 au 27 mai 2007, au Théâtre de l'Ouest Parisien, dans une mise en scène de Jean-Louis Martin-Barbaz »
06.05.2007
"33 Évanouissements : Le Jubilé , L'Ours , La Demande en mariage", de Anton Tchekhov, d'après la création de Vsevolod Meyerhold, dans une mise en scène de Pierre Hoden
Au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis, du 18 au 27 mai 2007.
«Je n’aime pas le théâtre, j’en ai vite assez, mais j’aime voir des vaudevilles!» Pour le docteur Tchekhov, qui voit défiler dans son cabinet toute la misère du monde, il faut rire! Rire, coûte que coûte, non des souffrances qu’endurent ses contemporains mais de leur inaptitude à changer la vie. Les âmes malheureuses et les corps oisifs peuvent entrer au magasin des accessoires comiques. Reste une vieille société russe finissante et de très joyeuses perspectives !
À Moscou, en 1935, le metteur en scène Vsevolod Meyerhold, crée trois «plaisanteries» en un acte de son ami Tchekhov. Avec ses comédiens, il découvre que les personnages entrent constamment dans un état de catalepsie qu’il nomme «évanouissement». Il en compte 14 dans Jubilé, 8 dans L’Ours et 11 dans La Demande en mariage, soit un total de 33 !
La fin du XIXe siècle et le «tournant du siècle» correspondent à un grand moment d'effervescence politique, sociale, intellectuelle et artistique. Cette période d'ouverture sur l'étranger et de croisements intenses entre les disciplines conduit le théâtre, en particulier en Russie, à remettre en cause le réalisme académique. Le symbolisme et le naturalisme incarneront ces nouvelles voies d'évolution. L'immense œuvre de Vsevolod Meyerhold prend naissance au cœur de cette crise, à cet embranchement, pour s'en éloigner et renouveler profondément les pratiques.
L'érudition, le brassage des traditions théâtrales, la violence des questions sociales qui les traverse, leur capacité à «brûler des questions» et à interroger l'essence du théâtre, frappent quand on étudie ces avant-gardes. C'est dans cette vigilance artistique et politique que Meyerhold s'est approprié trois farces de Tchekhov, Le Jubilé , L'Ours et La Demande en mariage, en 1935, sous le titre 33 Évanouissements . Loin du Tchekhov mélancolique connu de nos scènes, ces farces sont des satires sociales dont Meyerhold voulait obtenir «un rire à travers les larmes» et «à travers ce petit vaudeville, toute une mer d'associations». Travailler ainsi Tchekhov était affirmer l'appartenance de cet auteur à une veine fantastique russe où le grotesque et l'acuité politique ont leur part. D'où le désir de Pierre Hoden de monter ces trois farces avec le regard de ce géant du théâtre européen. Et dans l'ombre portée des décloisonnements que Meyerhold opéra dans le théâtre, le faire avec des amateurs, comme ce fut déjà le cas pour certains spectacles précédents, notamment Le Procès de Lucullus, présenté au Théâtre Gérard Philipe l'an dernier.
L'œuvre de Vsevolod Meyerhold couvre les quatre premières décennies du XX e siècle et croise les grandes dates de l'histoire russe. Exécuté par le pouvoir soviétique en 1940, son théâtre n'est redécouvert qu'à partir de la fin des années 1950.
Danseur et comédien de formation, Pierre Hoden a travaillé sous la direction de Jean-Louis Barrault, grâce à qui il a fait ses premières mises en scène. Il a créé sa compagnie, Les Affranchis, en 1994, avec laquelle il privilégie un travail de croisement des disciplines, danse, théâtre, musique, entre professionnels et amateurs.
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"33 Évanouissements : Le Jubilé , L'Ours et La Demande en mariage"
Nouvelle traduction : Catherine Hoden.
Mise en scène de Pierre Hoden, assisté de Marine Billon.
avec Nathalie Bernas, Lætitia Besson, Katell Borvon, Seda Dolbachian, Philippe Houriet, Pierre Hoden, Roger Souza et Paulina Enriquez, Anne Mourier.
Lumière : Jacques Rouveyrollis.
Peinture : Miloš Trifunovic.
Son : Antony Aubert.
Coproduction : Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Centre dramatique national, Compagnie Les Affranchis, avec le soutien du Conseil général de Seine-Saint-Denis.
«Je n’aime pas le théâtre, j’en ai vite assez, mais j’aime voir des vaudevilles!» Pour le docteur Tchekhov, qui voit défiler dans son cabinet toute la misère du monde, il faut rire! Rire, coûte que coûte, non des souffrances qu’endurent ses contemporains mais de leur inaptitude à changer la vie. Les âmes malheureuses et les corps oisifs peuvent entrer au magasin des accessoires comiques. Reste une vieille société russe finissante et de très joyeuses perspectives !
À Moscou, en 1935, le metteur en scène Vsevolod Meyerhold, crée trois «plaisanteries» en un acte de son ami Tchekhov. Avec ses comédiens, il découvre que les personnages entrent constamment dans un état de catalepsie qu’il nomme «évanouissement». Il en compte 14 dans Jubilé, 8 dans L’Ours et 11 dans La Demande en mariage, soit un total de 33 !
La fin du XIXe siècle et le «tournant du siècle» correspondent à un grand moment d'effervescence politique, sociale, intellectuelle et artistique. Cette période d'ouverture sur l'étranger et de croisements intenses entre les disciplines conduit le théâtre, en particulier en Russie, à remettre en cause le réalisme académique. Le symbolisme et le naturalisme incarneront ces nouvelles voies d'évolution. L'immense œuvre de Vsevolod Meyerhold prend naissance au cœur de cette crise, à cet embranchement, pour s'en éloigner et renouveler profondément les pratiques.
L'érudition, le brassage des traditions théâtrales, la violence des questions sociales qui les traverse, leur capacité à «brûler des questions» et à interroger l'essence du théâtre, frappent quand on étudie ces avant-gardes. C'est dans cette vigilance artistique et politique que Meyerhold s'est approprié trois farces de Tchekhov, Le Jubilé , L'Ours et La Demande en mariage, en 1935, sous le titre 33 Évanouissements . Loin du Tchekhov mélancolique connu de nos scènes, ces farces sont des satires sociales dont Meyerhold voulait obtenir «un rire à travers les larmes» et «à travers ce petit vaudeville, toute une mer d'associations». Travailler ainsi Tchekhov était affirmer l'appartenance de cet auteur à une veine fantastique russe où le grotesque et l'acuité politique ont leur part. D'où le désir de Pierre Hoden de monter ces trois farces avec le regard de ce géant du théâtre européen. Et dans l'ombre portée des décloisonnements que Meyerhold opéra dans le théâtre, le faire avec des amateurs, comme ce fut déjà le cas pour certains spectacles précédents, notamment Le Procès de Lucullus, présenté au Théâtre Gérard Philipe l'an dernier.
L'œuvre de Vsevolod Meyerhold couvre les quatre premières décennies du XX e siècle et croise les grandes dates de l'histoire russe. Exécuté par le pouvoir soviétique en 1940, son théâtre n'est redécouvert qu'à partir de la fin des années 1950.
Danseur et comédien de formation, Pierre Hoden a travaillé sous la direction de Jean-Louis Barrault, grâce à qui il a fait ses premières mises en scène. Il a créé sa compagnie, Les Affranchis, en 1994, avec laquelle il privilégie un travail de croisement des disciplines, danse, théâtre, musique, entre professionnels et amateurs.
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"33 Évanouissements : Le Jubilé , L'Ours et La Demande en mariage"
Nouvelle traduction : Catherine Hoden.
Mise en scène de Pierre Hoden, assisté de Marine Billon.
avec Nathalie Bernas, Lætitia Besson, Katell Borvon, Seda Dolbachian, Philippe Houriet, Pierre Hoden, Roger Souza et Paulina Enriquez, Anne Mourier.
Lumière : Jacques Rouveyrollis.
Peinture : Miloš Trifunovic.
Son : Antony Aubert.
Coproduction : Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, Centre dramatique national, Compagnie Les Affranchis, avec le soutien du Conseil général de Seine-Saint-Denis.
14:35 Publié dans 4. Nouvelles et romans | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



